En mars 2024, nous avons rencontré Katherine, une mère de Rankin Inlet, au Nunavut. Son témoignage, empreint de sincérité et de chaleur, met en lumière les défis de la parentalité, les difficultés liées à fertilité et le rôle des médicaments dans l’accès aux soins de santé. Ancrée dans les valeurs de la culture inuite, l’expérience de Katherine souligne la résilience, l’importance de défendre ses droits en santé et la diversité des chemins vers la création d’une famille.
Un rêve de famille
Pour Katherine et son mari, le désir de fonder une famille existait bien avant leur mariage.
« Même avant d’être ensemble, nous savions que nous voulions adopter. Mais nous espérions aussi avoir des enfants biologiques. »
Cependant, leur parcours a pris une tournure inattendue lorsque Katherine a reçu un diagnostic de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une condition qui affecte l’ovulation et nécessite souvent une intervention médicale pour concevoir. Ce diagnostic, bien que difficile, n’a jamais remis en question sa vision de la maternité :
« Peu importe si nous adoptions ou si nous avions un enfant biologique, il y a tellement de bébés qui ont besoin d’un foyer. Un bébé adopté est notre bébé. »
Ainsi, il y a trois ans, Katherine et son mari ont adopté leur premier enfant, concrétisant leur rêve de parentalité.
Traitements de fertilité : Défis et choix
Bien que l’adoption ait toujours fait partie de leur projet familial, Katherine et son mari ont également souhaiter tenter un traitement médical pour concevoir leur deuxième enfant. Cependant, le processus s’est avéré complexe, particulièrement dans le Nord.
« La dernière étape avant de commencer un traitement était de vérifier si mes trompes de Fallope étaient ouvertes, » explique Katherine. « Il n’y avait qu’une fenêtre de quatre jours par mois pour faire le test, et tout devait s’aligner parfaitement – l’horaire du médecin, la disponibilité du service de radiographie, tout. »
Mois après mois, Katherine a tenté d’organiser le test, mais cela n’a jamais fonctionné. Chaque échec était émotionnellement éprouvant.
« Après le cinquième mois, j’étais en larmes. Je voulais juste un autre bébé. »
Finalement, Katherine et son mari ont décidé de se tourner à nouveau vers l’adoption.
« Peu importe si nous concevions naturellement ou si nous adoptions. Alors, nous avons décidé d’adopter encore une fois. »
Katherine et son mari ont accueilli l’adoption avec tout leur cœur. Aujourd’hui, ils sont les fiers parents de deux magnifiques enfants : leur fils, adopté il y a trois ans, et leur fille, arrivée dans leur famille il y a sept mois, adoptée auprès de la cousine de Katherine.
Leur histoire illustre la manière dont les communautés autochtones perçoivent la famille – fondée sur l’amour, la communauté et la responsabilité partagée.
« Nous avons adopté mon fils il y a trois ans, et il a deux grandes familles qui l’aiment. Il saura toujours d’où il vient, » dit Katherine avec un sourire.
L’importance de défendre ses droits en santé
À travers son parcours, Katherine a appris à défendre ses droits dans un système de santé qui peut parfois sembler complexe et accablant, en particulier pour les personnes vivant dans des régions éloignées.
« Il faut vraiment défendre ses droits […] s’informer et ne pas hésiter à faire des suivis. C’est votre santé, et c’est normal de vouloir des réponses. »
Ses conseils sont simples, mais puissants :
- « Posez beaucoup de questions, et notez tout. Lors d’un rendez-vous, vous pouvez aussi demander à enregistrer la conversation, car il est parfois difficile de tout retenir du premier coup. »
- « Demandez tous les contacts possibles, comme le numéro secondaire du médecin, afin de pouvoir poser des questions après l’entretien. »
Grâce à cette approche proactive, Katherine a pu mieux comprendre les défis des traitements de fertilités et à prendre des décisions éclairées pour sa famille. Son histoire est un rappel que défendre ses droits dans le système de santé, c’est non seulement se donner du pouvoir, mais c’est aussi essentiel pour prendre soin de sa santé et de celle de sa famille.
Un message d’encouragement pour les familles
Le parcours de Katherine montre que le chemin vers la parentalité peut être plein d’imprévus, surtout lorsque des conditions médicales comme le SOPK entrent en jeu. Mais il existe de nombreuses façons de bâtir une famille aimante. L’important est de prendre une décision éclairée qui vous convient.
Son témoignage résonne particulièrement pour celles et ceux vivant dans le Nord et dans les régions éloignées, où l’accès aux soins médicaux est souvent plus difficile.
« Peu importe comment vos enfants arrivent dans votre vie, ce qui compte, c’est l’amour que vous leur donnez et la famille que vous construisez ensemble. Posez des questions, restez proches de votre communauté et souvenez-vous : vous n’êtes pas seul.e dans ce parcours. »
Si vous cherchez du soutien pour le SOPK ou des traitements de fertilité, parlez-en avec votre professionnelle ou professionnel de la santé pour connaître les ressources et options disponibles dans votre région. Chaque parcours vers la parentalité est unique, et il existe des communautés prêtes à vous accompagner à chaque étape.